A world not ours de Mahdi Fleifel: «Réaliser un film est une manière de garder la mémoire»

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Cinéma
2014-01
Cet article a été publié dans: 
Numéro 71 - Janvier 2014

La sixième édition de la biennale « Proche-Orient : ce que peut le cinéma », s’est déroulée à Paris, du 29 novembre au 8 décembre. Un  hommage était rendu, cette année, au courage de la jeunesse du Proche-Orient en lutte pour la démocratie et au diplomate et essayiste, Stéphane Hessel, auteur du célèbre Indignez-vous. Projeté en ouverture, le documentaire A world, not ours, du réalisateur palestinien Mahdi Fleifel, est sorti sur les écrans le 4 décembre. Al Ayam l’a rencontré.

 

« Les vieux mourront et les jeunes oublieront », disait David Ben Gourion lors de la Nakba en 1948. Mahdi Fleifel, pour qui «  réaliser un film est une manière de garder la mémoire », nous prouve le contraire 60 ans plus tard, avec A world, not ours. 

Ce jeune documentariste y retrace le portrait de sa famille, trois générations d’exilés, dans le camp de réfugiés d’Ain el-Helweh au sud-Liban. Composé d’enregistrements personnels et d’archives familiales, il nous plonge avec humour, au cœur de l’émouvant mais révoltant camp de son enfance où, depuis 1948, 70 000 âmes s’entassent sur 1 km carré. Du grand père grincheux qui n’a que les mots de « Droit au Retour » à la bouche, au jeune Abu Iyad, l’ami d’enfance, ivre d’évasion, la réalité est désarmante. L’originalité née lorsque Mahdi Fleifel illustre comment les palestiniens expriment leur désir de nation, de victoire et d’espoir à travers la Coupe du Monde de football. Un choix tout en finesse, pour raconter indirectement la difficulté d’être palestinien et la vie de ceux pour qui la dépossession est la norme et la nostalgie leur vie quotidienne.

 

Le film a reçu plusieurs dizaines de prix à travers le monde dont celui du film pour la paix, à la Berlinale de 2013. Une récompense mise en péril par une controverse avec des journalistes allemands quant à ses opinions sur Israël, à laquelle Mahdi Fleifel a répondu « Comment pouvons-nous même imaginer une paix véritable tant qu’il existe une ségrégation, entre les personnes, en fonction de leurs religions? Je veux simplement défendre le droit de tous les réfugiés en vertu du droit international. Pour cela, Israël doit changer et un droit commun doit être élaboré pour  protéger le droit de tous les citoyens et pas seulement d’un «peuple élu». Mais cela nécessite du courage. Courage de se rappeler que nous sommes tous des êtres égaux. C’est alors seulement que nous pourrons parvenir à une véritable paix. »

Quel âge aviez-vous quand vous avez commencé à filmer le camp d’Ain el-Helweh?

J’ai commencé à filmer le camp à 12-13 ans. Quand j’étais jeune, Ain el-Helweh me fascinait, c’était comme « Disney Land » pour moi. J’ai toujours voulu raconter une histoire sur cet endroit, même de façon inconsciente. Petit, je filmais avec la caméra de mon père, pour qui la vidéo était une vraie passion. Dans les années 80, le matériel d’enregistrement vidéo est devenu accessible à un large public, j’ai donc grandi dans la découverte de ces nouvelles technologies. Quand nous vivions à Dubaï, filmer notre vie quotidienne était aussi le moyen que nous avions pour communiquer avec notre famille restée dans le camp. Nous vous envoyions des cassettes de nos évènements respectifs, comme un échange de lettres mais en vidéo. Puis à 20 ans j’ai commencé à filmer « sérieusement », c’est à dire que quand je rentrais pour les vacances d’été, je tenais un « journal vidéo » du camp. Toutes ces heures de films, ainsi que les archives de mon père, m’ont permis de raconter cette histoire : « A world, not ours ».

Combien de temps avez-vous passé dans le camp?

Je suis né à Dubaï et ma famille a émigré au Danemark dans les années 80, je n’ai donc jamais vécu à Ain el-Helweh plus d’une année consécutive. Mais nous rentrions au camp chaque été pour voir notre famille, dont mon grand-père qui vivait encore là-bas.

D’où vient le titre du film?

« A world, not ours » est le titre d’un livre de l’auteur palestinien Ghassen Kanafani, qui était lui-même réfugié. Mais j’ai surtout choisi ce titre en référence à une scène du film, lorsque Abu Iyad range sa maison et brûle ses affaires sur la terrasse, le livre tombe de l’une des piles qu’il tient entre  ses mains, avec cette scène, très symbolique, ça a été évident pour moi de choisir ce titre.

Quel message principal vouliez-vous faire passer dans votre film?

La simple question posée par mon film est pourquoi, 65 ans après avoir été chassé de sa maison  mon grand-père vit encore dans un camp de réfugiés. Je crois que toute personne de bon sens ne peut pas accepter que cette injustice continue.

Dans le film, le portrait de votre ami d’enfance Abu Iyad émerge, son témoignage est vraiment touchant, était-ce aussi votre intention de raconter son histoire?

Non, pas du tout,  je ne savais pas qu’il allait être le sujet principal du film, nous n’en avions même jamais parlé. Mais il se trouve que c’est mon ami d’enfance et que quand je reviens, il vient avec moi partout pour m’aider à trouver des lieux, des scènes, il jouait en quelque sorte le rôle de fixeur. Et puis, naturellement j’ai commencé à diriger la caméra vers lui car c’est une personne qui a beaucoup de choses à exprimer sur sa situation. Abu Iyad est une représentation forte de la grande majorité de la jeunesse d’Ain el-Helweh, sans travail, sans horizon, rêvant de partir loin du camp mais je pense que des Abu Iyad il y en a partout, par exemple dans les banlieues en France, dans les ghettos au Danemark, en Tunisie, il illustre une jeunesse sacrifiée.

Dans le film, il émigre clandestinement et arrive en Grèce avant de se faire expulser, où est-il aujourd’hui?

En Allemagne. Lors de la projection du film à Berlin dans le cadre de la Berlinale en 2013, le comité d’organisation l’a invité pour le présenter, il est ensuite resté et a demandé l’asile politique.

Comment définir cette identité palestinienne dans les camps aujourd’hui, car il apparaît que le sentiment vis-à-vis de la Palestine est très différent entre les générations ?

C’est vrai, mais c’est parce que les vécus sont différents. Les plus âgés ont un souvenir physique du lieu, alors que la jeune génération, non. La Palestine est pour eux comme un mythe, une histoire pour enfant mais ce qu’ils ont tous en commun c’est l’exil. Cet état de mélancolie et de désir à la fois, de ce pays qu’ils n’ont pas pour certains ou plus pour d’autres. Ils veulent une maison, une nation, une armée pour les protéger, mais en même temps ils ne savent pas ce que cela signifie,  c’est abstrait. C’est leur identité : l’exil...

On ressort du film très touché mais un peu désespéré sur la situation, quelles sont les solutions et pourquoi rien ne change?

Le film est triste oui mais il décrit la réalité. Le camp est une cage, ces gens vivent dans une cage !

Rien ne change jusqu’à présent parce que vous avez deux états forts qui s’y opposent : Israël et les États-Unis. Chaque année, les États-Unis opposent leur veto à toute résolution condamnant Israël, au sein des Nations-Unis.... parce que ce n’est pas dans leurs intérêts. C’est tout le problème!





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